
Ce dimanche, je m’éveillais d’humeur plutôt guillerette. Un joli soleil brillait à travers ma fenêtre. De l’autre côte de celle-ci, le chat de ma colocataire était en train de me regarder de cet air énigmatique qu’on tous les félins du monde. Apparemment, j’avais plus ou moins récupéré de ma soirée du vendredi soir. Un ami cinéphile et moi avions succombé à nos gamins intérieurs… Nous étions décidés à aller voir « Superman Returns ». Un vendredi soir ? Pas de problèmes ! Et naïvement, nous n’avions même pas consulté les programmes. Deux grands cinémas bruxellois plus tard, nous atterissions à El Metteko, complètement dépités. Les dernières séances étaient toutes en VF !!! « A Clarck Kent ! » dit mon ami en levant son mojito bien tassé. « A Kal-El » répondis-je en entrechoquant le mien. Et c’est comme cela que commença une soirée qui allait se terminer (pour moi) aux alentours de 3 heures du matin, non sans avoir ingurgité quelques bières, avoir rameuté un autre pote, et terminé par un dernier cocktail à l’Archiduc (dont le savoir faire de l’équipe au bar en la matière n’est plus à démontrer, d’ailleurs, je crois que c’est lui qui m’a achevé). Samedi fut une journée passée dans les limbes… J’émergeais finalement en début de soirée. Mais ce dimanche, j’avais un gros truc à faire. Une ballade-photo dans le centre afin de remettre à jour mon stock de belles images. Tôt l’après-midi, je me mets en route. Premier arrêt : le Palais Royal. Mais oui, j’avais oublié qu’on pouvait le visiter pendant 1 mois ! Bon, je perdrai un peu de temps mais qu’importe ! Une fois franchie la grille, je me retourne vers le Parc… une perspective de reine !
A l’intérieur, je tombe sur un déluge de marbre, de cuivre, de dorures et de lustres en cristal monumentaux. C’est impressionnant mais en même temps étrangement commun. On y sent un goût bien particuliers qui sied à ce que la Belgique était lorsqu’elle débuta : le produit d’une révolution bourgeoise du XIXème. Seule la salle du Trône est réellement majestueuse… dans la petit salon bleu, une touriste demande qui est cette jolie femme en habit des années 30 dont le grand portrait orne le mur d’en face. « C’est la reine Astrid, Madame ! » répond une surveillante. La galerie des Glaces et ses 1,4 millions d’élytres de scarabées thaïs transformées en décoration de plafond est stupéfiant. Pas tellement pour les couleurs (les lourdes draperies couvrant les fenêtres étaient à peine ouvertes) mais par le seul nombre et la somme de travail et de minutie que cela à demandé ! Direction le Parc, c’est le royaume des enfants, une petite fille tourne autour du bassin aux nénuphars en riant, un pigeon prend son bain dans une petite fontaine, sous le regards des dieux et héros de pierre, tous propres après rénovation !
Je me dirige vers le kiosque, au détour d’un fourré un couple est enlacé dans l’herbe. Ils ne m’ont même pas entendu. Pas de musique cet après-midi, si c’est le dialogue entre ces enfants italiens qui prennent leur ballon gonflable pour un ballon de foot. « Attend, attend, moi, j’suis Cannavarro et tu vas voir ». « Ah oui, et moi, j’suis Zidane ! » et les huées de suivre le blasphémateur sous les rires de la maman.
Je quitte le Parc non sans avoir pris une photo du grand jet d’eau et m’achemine Place Royale ou trône toujours la statue de Godefroid de Bouillon. Sans sa cotte de maille et son drapeau, on jurerait le Marc-Aurèle du Campidoglio de Rome ! Je descends vers le Palais de Charles de Lorraine. Tout pimpant,, si coquet et si différent de l’architecture que l’on a l’habitude de voir à Bruxelles. Ca doit être mon côté kitsch qui me fait aimer ces détails rococo. C’est tout juste si je n’entends pas les mouvements d’un clavecin ! Tiens, cela me fait penser que j’avais plutôt aimé la Marie-Antoinette de Sofia Coppola.
Je remonte vers le musée et le Sablon. Les terasses chics du Grand Sablon sont pleine à craquer tandis que le marché plie bagage. Un grand black s’avance vers moi : « Tu veux un collier, prends en un. ». Je regarde sa camelote en rigolant : « C’est vraiment gratuit ? ». « Tu donnes ce que tu veux ». « Bon, je prends celui-là », et je me saisis d’un collier imitation coquillage en lui donnant une pièce de 2 euros, la seule monnaie que j’avais. Il me salue en riant et le voilà parti. Un arrêt s’impose mais où ? Je décide de faire un détour par la Cathédrale St-Michel et de redescendre pour re-tester la kriek de La Mort Subite. Il fait plutôt calme dans cette institution bruxelloise ! Même le chat de la maison est assoupi sur un banc, ce qui me donne une opportunité photographique intéressante. Plutôt bien balancée , cette kriek. Le fruit ne couvre pas trop l’amertume de la gueuze… Hmmm… Je prends mon temps et profite de l’atmosphère. De temps en temps, le chat se réveille. Je le caresse et le voilà qui se rendort aussi sec !
Dans les Galeries St-Hubert, on est loin de la quiétude ! Les touristes affluent. En passant devant Neuhaus, je me raisonne : « Mais non, tu n’achèteras pas de pralines. Pas parce que tu vas encore te goinfrer mais parce qu’elles vont pas supporter un coup de chaud et que tu n’as pas encore fini ».
J’arrive tranquille sur la Grand-Place. Il suffit de la traverser pour entendre toutes les langues du monde. On slalomme entre les photographeurs de souvenirs et les jeunes assis sur le pavé tout en évitant les absorbés par ce décor de rêve qui ne regardent pas où ils vont. J’ai fixé rendez-vous à Laurent pour qu’on aille se boire un verre au Soleil… conversation indolente sur un des plus mignonne terrasse… voilà la fin idéale pour une après-midi qui a coulé aussi vive qu’un ruisseau, peut-être aussi vive que la Senne, avant qu’elle ne devienne miasme et que l’on doive l’enterrer sous nos pieds, là… à quelques mètres.