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Pensées sans importance |
La raison est une amie que je déteste!
Depuis toujours, elle m'accompagne. Cette voix si orgueilleuse et si sure d'elle qui se manifeste quotidiennement et qui arrive toujours à me faire filer droit. Trop droit. Même en ayant bu vraiment trop, elle reste présente, comme un génie perché sur mon épaule. Bien sur qu'elle m'a sortie de bien des mauvais pas mais elle est devenue si autoritaire qu'elle en vient à me tyranniser. Toujours, elle me convainc. Toujours, elle plie mes envies. Et ça commence à bien faire. J'ai bien envie de la planter la et de suivre Mlle. Impulsion. Mais comment me débarrasser de cette main qui me retient si fermement, qui m'a rendu si frileuse et si craintive?
En regardant le ciel avant d'aller me coucher dimanche, je poussais en soupir. Encore une fois, il faisait gris! C'était la Nuit des Etoiles pourtant et rien à faire! Alors que je fermais les volets, je commençai à rêvasser. Par un beau soir d'été, allongée dans un transat, quasi à l'horizontale, je scrutais le ciel en attendant la pluie des Perséides. Une occasion que j'avais attendu depuis bien longtemps! A l'âge de 7 ans, j'avais décreté avec beaucoup de sérieux que quand je serai grande, je deviendrai astronome! Premièrement, parce que tout ce qui traitait aux planètes et aux étoiles me fascinait. Deuxièmement: « Parce qu'il y en a pas beaucoup et je ne serai pas au chômage ». Et oui... déjà ! Mes parents, émerveillés par leur petit prodige, m'encouragèrent. A chaque occasion, un nouveau livre! Bientôt, j'avais dépassé le stade des bouquins pour enfants. Vers l'âge de 10 ans, j'eus mon premier télescope. J'observais la Lune principalement, notre jardin étant noyé dans la lumière ambiante. Ben oui, la Belgique n'est pas l'endroit idéal pour s'adonner à l'observation astronomique. N'empêche, pour moi, ma voie était alors toute tracée! J'irais étudier aux Etats-Unis où la NASA viendrait me chercher et j'avais déjà choisi mon lieu de travail: l'observatoire du Mont Palomar qui possédait alors le télescope le puis puissant du monde. Et puis, j'aurai donné bien des choses pour rencontrer Hubert Reeves, le fameux astro-physicien québécois! Quand à un voyage dans l'espace, où étaient donc les papiers, que je les signe? En secondaire, je déchantais! Faisant connaissance avec mes premières notions de physique et de math, je me rendis compte avec horreur que détestait cela (j'aurais du m'en douter, moi qui sautait toujours le chapitre sur les lois de Kepler, pourtant un principe de base). Non, un astronome ne passait pas sa vie l'oeil accroché à sa lunette! Il calcule, il théorise... La mort dans l'âme, je tirais un trait sur tous ces projets! Et oui, les vecteurs, les équations et toutes les lois de la physique avaient eu raison d'un rêve qui m'accompagnait depuis des années. Je crois n'avoir plus jamais eu une telle certitude en mon avenir depuis cet abandon! Néanmoins, en cette soirée du 13 août 2004, le Montana m'offrait une vraie boite à bijoux! Le saphir Déneb était au zénith, le rubis Antares se couchait tandis que le diamant Véga scintillait de tout ses feux (mais pourquoi en avions-nous fait l'entité maléfique dans Goldorak?). Jamais je n'avais vu tant d'astres auparavant! Et traversant la voute céleste, la Voie Lactée, telle un ruban de gaze piqué de paillettes, ceinturait le tout. Avant de m'allonger, j'avais pasé une bonne demi-heure à rechercher mon signe du zodiaque (une constellation si faible qu'on a bien du mal à la voir en ville) et pour la première fois, j'admirais une autre galaxie... Andromède... Je restais le souffle coupé. Oh.. rien de bien spectaculaire, un nuage à peine perceptible, même avec une grosse paire de jumelles! Mais enfin, je contemplais un objet hors de notre Voie Lactée, un objet si lointain que nous la voyons telle qu'elle était alors que des primates qui n'étaient pas encore des hommes regardaient le ciel sans pouvoir se poser les questions qui m'occupent pour le moment.
A nouveau, j’ai envie de vous faire partager mes coups de cœur du moment… alors…
Melissabel écoute…
« Starlight » de Muse… où Matthew Bellamy se lâche dans le chant à la Jeff Buckley. Magique et somptueux !
« Bad Timing » de dEUS : une chanson trouble comme sait si bien le faire le groupe et qui vous rentre dans la tête immédiatement. Une de mes préférées de « Pocket Revolution ».
« Harrowdown Hill » de Thom Yorke : wow… que dire… c’est déchirant (comme la voix de Thom) et beau à la fois. A ne pas mettre dans des oreilles à tendance dépressive!
« Fake Tales of San Francisco » des Arctic Monkeys : On aime ou on aime pas le groupe et toute l’attitude qui va avec mais moi, je craque sur cette petite histoire et son refrain infectieux.
« Eleanor, Put Your Boots On » des Franz Ferdinand : parce que je dois bien admettre que quand je marche dans la rue, j’ai une folle envie de la fredonner !
« Toop Toop » de Cassius : ca faisait longtemps, tiens ! Je défie quiconque de ne pas avoir le popotin qui bouge sur ce morceau-là !
« Louxor, j’adore » de Katerine : il a encore frappé (fort) ! Une seule question : jusqu’où ira l’inénarrable Monsieur Katerine ? La ligne d’arrivée n’est pas prête d’être atteinte.
« La facture d’électricité » de Miossec : le plus bruxellois des Bretons nous reviens (avec Stef Kamil Carlens de Zita dans les choeurs, si vous avez remarqué) et n’a rien perdu de sa capacité de percussion verbale.
Et last but not least, et là, même moi j’ai du mal à l’admettre mais…
« Sexy/Back » de Justin Timberlake : J’assume totalement ! C’est le genre de petite bombe qui me donne envie de groover mon booty. :o) Ca fera l’affaire le temps d’un été !
A la télé, je craque sur :
« Cold Case » où l’inspectrice Lily Rush et son équipe en quête sur des affaires non-résolues depuis parfois des décennies. Kathryn Morris prête ses traits fragiles à cette inspectrice qui s’attèle à la tâche de rendre justice aux oubliés du temps, avec empathie et ténacité. Très humain et mélancolique !
Je viens de finir de lire :
« Fever Pitch » de Nick Hornby.
En manque de foot après le Mondial, j’ai trouve le bouquin dans la bibliothèque de ma colocataire. Avec humour et lucidité, Nick Hornby analyse sa déraisonnable passion pour le roi des sports et surtout, le club d’Arsenal. Sa vie en devient même jalonnée d’une succession de différente rencontres qui lui servent de points de repères. Je me demande si il ne devrait pas faire une suite car l’Arsenal que Hornby décrit a bien changé depuis les années ’90.
Ce dimanche, je m’éveillais d’humeur plutôt guillerette. Un joli soleil brillait à travers ma fenêtre. De l’autre côte de celle-ci, le chat de ma colocataire était en train de me regarder de cet air énigmatique qu’on tous les félins du monde. Apparemment, j’avais plus ou moins récupéré de ma soirée du vendredi soir. Un ami cinéphile et moi avions succombé à nos gamins intérieurs… Nous étions décidés à aller voir « Superman Returns ». Un vendredi soir ? Pas de problèmes ! Et naïvement, nous n’avions même pas consulté les programmes. Deux grands cinémas bruxellois plus tard, nous atterissions à El Metteko, complètement dépités. Les dernières séances étaient toutes en VF !!! « A Clarck Kent ! » dit mon ami en levant son mojito bien tassé. « A Kal-El » répondis-je en entrechoquant le mien. Et c’est comme cela que commença une soirée qui allait se terminer (pour moi) aux alentours de 3 heures du matin, non sans avoir ingurgité quelques bières, avoir rameuté un autre pote, et terminé par un dernier cocktail à l’Archiduc (dont le savoir faire de l’équipe au bar en la matière n’est plus à démontrer, d’ailleurs, je crois que c’est lui qui m’a achevé). Samedi fut une journée passée dans les limbes… J’émergeais finalement en début de soirée. Mais ce dimanche, j’avais un gros truc à faire. Une ballade-photo dans le centre afin de remettre à jour mon stock de belles images. Tôt l’après-midi, je me mets en route. Premier arrêt : le Palais Royal. Mais oui, j’avais oublié qu’on pouvait le visiter pendant 1 mois ! Bon, je perdrai un peu de temps mais qu’importe ! Une fois franchie la grille, je me retourne vers le Parc… une perspective de reine !
A l’intérieur, je tombe sur un déluge de marbre, de cuivre, de dorures et de lustres en cristal monumentaux. C’est impressionnant mais en même temps étrangement commun. On y sent un goût bien particuliers qui sied à ce que la Belgique était lorsqu’elle débuta : le produit d’une révolution bourgeoise du XIXème. Seule la salle du Trône est réellement majestueuse… dans la petit salon bleu, une touriste demande qui est cette jolie femme en habit des années 30 dont le grand portrait orne le mur d’en face. « C’est la reine Astrid, Madame ! » répond une surveillante. La galerie des Glaces et ses 1,4 millions d’élytres de scarabées thaïs transformées en décoration de plafond est stupéfiant. Pas tellement pour les couleurs (les lourdes draperies couvrant les fenêtres étaient à peine ouvertes) mais par le seul nombre et la somme de travail et de minutie que cela à demandé ! Direction le Parc, c’est le royaume des enfants, une petite fille tourne autour du bassin aux nénuphars en riant, un pigeon prend son bain dans une petite fontaine, sous le regards des dieux et héros de pierre, tous propres après rénovation !
Je me dirige vers le kiosque, au détour d’un fourré un couple est enlacé dans l’herbe. Ils ne m’ont même pas entendu. Pas de musique cet après-midi, si c’est le dialogue entre ces enfants italiens qui prennent leur ballon gonflable pour un ballon de foot. « Attend, attend, moi, j’suis Cannavarro et tu vas voir ». « Ah oui, et moi, j’suis Zidane ! » et les huées de suivre le blasphémateur sous les rires de la maman.
Je quitte le Parc non sans avoir pris une photo du grand jet d’eau et m’achemine Place Royale ou trône toujours la statue de Godefroid de Bouillon. Sans sa cotte de maille et son drapeau, on jurerait le Marc-Aurèle du Campidoglio de Rome ! Je descends vers le Palais de Charles de Lorraine. Tout pimpant,, si coquet et si différent de l’architecture que l’on a l’habitude de voir à Bruxelles. Ca doit être mon côté kitsch qui me fait aimer ces détails rococo. C’est tout juste si je n’entends pas les mouvements d’un clavecin ! Tiens, cela me fait penser que j’avais plutôt aimé la Marie-Antoinette de Sofia Coppola.
Je remonte vers le musée et le Sablon. Les terasses chics du Grand Sablon sont pleine à craquer tandis que le marché plie bagage. Un grand black s’avance vers moi : « Tu veux un collier, prends en un. ». Je regarde sa camelote en rigolant : « C’est vraiment gratuit ? ». « Tu donnes ce que tu veux ». « Bon, je prends celui-là », et je me saisis d’un collier imitation coquillage en lui donnant une pièce de 2 euros, la seule monnaie que j’avais. Il me salue en riant et le voilà parti. Un arrêt s’impose mais où ? Je décide de faire un détour par la Cathédrale St-Michel et de redescendre pour re-tester la kriek de La Mort Subite. Il fait plutôt calme dans cette institution bruxelloise ! Même le chat de la maison est assoupi sur un banc, ce qui me donne une opportunité photographique intéressante. Plutôt bien balancée , cette kriek. Le fruit ne couvre pas trop l’amertume de la gueuze… Hmmm… Je prends mon temps et profite de l’atmosphère. De temps en temps, le chat se réveille. Je le caresse et le voilà qui se rendort aussi sec !
Dans les Galeries St-Hubert, on est loin de la quiétude ! Les touristes affluent. En passant devant Neuhaus, je me raisonne : « Mais non, tu n’achèteras pas de pralines. Pas parce que tu vas encore te goinfrer mais parce qu’elles vont pas supporter un coup de chaud et que tu n’as pas encore fini ».
J’arrive tranquille sur la Grand-Place. Il suffit de la traverser pour entendre toutes les langues du monde. On slalomme entre les photographeurs de souvenirs et les jeunes assis sur le pavé tout en évitant les absorbés par ce décor de rêve qui ne regardent pas où ils vont. J’ai fixé rendez-vous à Laurent pour qu’on aille se boire un verre au Soleil… conversation indolente sur un des plus mignonne terrasse… voilà la fin idéale pour une après-midi qui a coulé aussi vive qu’un ruisseau, peut-être aussi vive que la Senne, avant qu’elle ne devienne miasme et que l’on doive l’enterrer sous nos pieds, là… à quelques mètres.
Août a décidé de déguiser en mois d’automne et cela ne lui va pas du tout ! J’ai ressorti une veste légère. Je sors de chez moi, toujours à la dernière minute… il pleut… le tram arrive déjà en je cours en faisant un signe au conducteur de m’attendre. Je me trouve un petit coin. Zut, j’ai oublié de mettre mon rouge à lèvre. Je regarde dans mon sac. Bon, lequel vais-je choisir ? Un rose perlé ? Un brun terre ? Un orange nacré ? J’opte pour le rose qui ira très bien avec ma marinière ! Je n’ai pas le temps de finir que nous sommes déjà à mon arrêt. Aujourd’hui, je m’accorderai un petit plaisir et commanderai au chinois d’à-côté. Je passe à la librairie et fais le plein : mon quotidien habituel, mon magazine d’info, mon magazine féminin, et le magazine-que-je-n’achète-jamais-si-ce-n’était-pour-son-DVD. La libraire me regarde en souriant : « Ca va aller ? ». « Oui, oui, merci ! Bonne journée et bon week-end ! ».
Je déploie mon parapluie. Je l’ai choisi orange et cuivre pour combattre le gris. Dans mes oreilles, un chant d’îles lointaines… Issa Lei, la chanson des adieux des îles Fiji et le monde bascule. Sur le pont d’un bateau, je fais des grands signes à mes amis restés à terre et qui loin d’être tristes, accompagnent mon départ de leurs chants. Ils ont la certitude qu’il ne s’agit que d’un au revoir. Par delà les collines de Viti Levu, le soleil se fraie un chemin parmi les nuages et jette ses rayons sur un océan couleur d’argent. Alors que la chanson est presque finie, j’évite la collision frontale avec un monsieur en costume trois pièces et dont le regard à l’air de dire : « Mais à quoi donc pensez-vous ? Allez, dégagez ! ». Je retrouve mes esprits et enlève mes écouteurs. J’écoute les gouttes tomber sur mon abri portatif… Oui, il pleut mais je ne suis pas triste ce matin : « Raindrops are falling on my head… ». Bien au sec, la démarche lente, je regarde les gens me doubler en grommelant. Enfin, à regret, j’arrive devant l’immeuble où se trouve mon bureau. Dans quelques heures, les portes coulissantes du bâtiment s’ouvriront de nouveau devant moi et ce sera la liberté… La jouissance du vendredi en fin d’après-midi alors que l’on contemple le week-end qui commence à peine ! Mais en attendant, dans ma tête, comme un écho lointain… le chant du Pacifique me poursuit jusque dans les couloirs…
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