Le Blog de Mélissa_bel ou des pensées sans importance

Mardi 1 août 2006

Journée en creux… un ciel d’automne recouvrait la ville. J’avais presque oublié à quoi cela ressemblait. Mwais… j’aurai mieux fait de mettre une petite veste, ce matin. Tirée d’un profond sommeil par mon alarme, je ne suis pas encore réveillée et monte dans le tram comme une somnambule   A l’intérieur, les gens ont l’air de plus faire la gueule que d’habitude. Ben oui, je sais, il pleut. Ce n’est pas ce que vous réclamiez depuis 2-3 semaines ? Moi, dans le tram, je souris toujours, par pur esprit de contradiction !  Arrivée au bureau… j’ouvre ma bouteille de jus d’oranges pressées. A chaque fois, j’ai l’impression qu’on m’injecte de la vitamine pure… mes petites cellules se mettent à pétiller. Le réveil complet ne se fera qu’après une bonne dose de caféine dans mon maxi-mug. Par chance, la monstrueuse cafetière qui trône dans la cuisine est pleine et je me sers. Il faudra plus d’une tasse aujourd’hui pour embrayer…  La plupart de mes collègues sont arrivés plus tôt et ont déjà l’esprit en vacance. Pour moi, ce ne sera pas avant octobre. En poussant la porte de mon domaine, j’ai l’impression de pénétrer dans une vie qui ne serait pas la mienne… je regarde les piles de documents, dans tous les coins, ce grand bureau désuet… Je dois m’être trompée… Vraiment… Et là, j’ai une brusque envie de faire demi-tour…  

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Dimanche 30 juillet 2006


Je me lève... Justin dort encore. Il fait un froid de canard. Je jette un coup d'oeil sous les stores... une couche de glace recouvre la vitre mais je devine le soleil, bas sur l'horizon. J'allume les deux chauffages électriques... ma deuxième couette sur les épaules, je m'assied par terre et oriente la ventilation sur mes pieds. J'allume la télé ... Il est encore tôt et le Télématin local m'informe qu'il a fait -20 degrés à Billings. Ce qui signifie que cela a sans-doute plongé à -30 voire -35 ici en hauteur. La nuit la plus froide l'année! Avant que les températures ne dégringolent, la neige est tombée mais à travers le givre, je ne vois que du blanc. Je souffle sur la vitre et fait des petits cercles avec mon doigt... il doit y avoir 30 centimètres de neige par endroit et le ciel est d'un azur insolent! Stella, mon chat angora bleu, vient me rejoindre. Je m'installe sur le divan la recouvre un peu avec ma couette. Son ronron me donnerait presque envie de me rendormir mais je suis trop occupée à regarder les programmes du matin, entre deux bouchées de muffin! Rien de mieux à faire lorsqu'il gèle à pierre fendre et qu'on est coincée. Maury reçoit une jeune femme et son bambin. « Qui est le père de cet enfant? » C'est la question du jour. LaTisha est venue déjà 5 fois et n'a toujours pas de réponse. Je me demande pourquoi elle persiste alors qu'à chaque fois, elle se fait traiter de salope par les pères potentiels! Sans compter que le présentateur insiste bien sur le CINQ de cinq fois (sous les « Ooooooooooooooooooooooohhh... horrifiés du public). Ce qu'une mère ne ferait pas pour son gamin!


Justin est enfin réveillé. Tant mieux, je commençais à sentir mon cerveau se ramollir. Je prépare le café et il me dit qu''il va dégager la neige devant la caravane. Au moins, la quantité tombée sur le toit a servi d'isolant! Et c'est sans doute la raison pour laquelle il faisait encore supportable dans le salon. Par contre, l'eau a gelé dans les tuyaux! Par chance, nous avions prévu le coup et une quantité de bidons plein d'eau est là pour nous dépanner. Il faudra juste faire gaffe. Même avec un radiateur du coté du réservoir, il fait si froid que cela pourrait bien ne servir à rien et comme on ne peut jamais vraiment prévoir combien de temps cela va durer! La montagne est assez capricieuse. Demain, le chinook pourrait bien souffler et faire fondre toute cette belle couverture blanche. Ou bien cela pourrait même empirer. Une chose est sure, remplir les jerricans quand il fait moins que -10 n'a rien de plaisant. Il faut enlever les gants et si l'eau à la malchance d'atteindre vos doigts... Franchement, Justin aurait du faire réparer ce putain de chauffage au gaz, on en serait pas là . Au moins, le soleil brille! Je m'étonne de voir que le pick-up de nos voisins situes plus bas a réussi à se frayer un chemin. 'Faut pas compter sur un chasse-neige ici! Peut-être que que Shane Creek Road sera dégagée l'après-midi mais pour notre allée, faudra se débrouiller! Je réchauffe un premier bidon d'eau dans le micro-onde pour qu'on puisse faire notre toilette. Alors que je me débarbouille, je me mets a rire... qui m'aurait dit un jour que je vivrais dans une caravane et que je devrais me laver avec de l'eau passée dans un four! Justin décide de se mettre a la tache mais la porte est littéralement collée par le gel et il faut bien 5 minutes de manoeuvre pour pouvoir ouvrir. Il est déjà tard dans la matinée et je décide de me rendre utile également: et vais chercher le courrier. Notre boite aux lettres et à environ un kilomètre, à l'embranchement de notre « rue » et de Shane Creek. Bien emmitouflée dans mon équipement de ski, je me mets en route. A ma droite, la chaîne des Beartooth semble s'être rapprochée de plusieurs kilomètres dans cet air glacé... Vu d'ici, ce grand mur de granit semble surgir comme à l'improviste. La neige a mis toutes les collines à plat et l'effet n'en est que plus impressionnant. Ce matin, il n'existe que deux couleurs sur la palette du monde: le bleu et le blanc, si pur, si serein, si.... clinique? Comme mon lecteur de CD n'aurait pas supporté la température, je l'ai laisse à sa place mais je me mets à chantonner dans mon écharpe... qui m'entendra après tout? Pas un bruit à part le son de ma voix et celui mes pas étouffés par la neige qui scintille comme de la poudre de diamant. Sur la colline en face, la maison de David ressemble à un chalet de carte postale. Arrivée en haut de la cote, je jette un coup d'oeil vers la vallée... on peut voir à des kilomètres, presque jusqu' à Billings! Des petits nuages sortent des toits de Columbus. Les corbeaux eux, restent là, perchés sur les pins, à croasser entre eux. Que peuvent-ils bien se dire? Très haut dans le ciel, un aigle plane inlassablement. Aucun grand de la terre n'aura la chance de contempler son domaine comme ce roi du ciel.

Pas de courrier! Et zut! Une boite-aux-lettres vide est toujours d'un navrant! Je me remets en route vers la caravane. La chemin du retour est ma partie favorite de cette promenade devenue quotidienne car il faut descendre. L'horizon est complètement ouvert et le paysage s'offre aux yeux d'une manière si spectaculaire qu'on l'impression d'être sur le toit du monde! Droit devant moi, la petite chaîne des Crazy Moutains montre ses pics acérés comme des canines de fauve. Rien à voir avec les Beartooth qui ressemblent plus à de bonne vieilles molaires! Cette solitude... cette solitude... cette solitude... C'est alors qu'une larme vient couler sur ma joue. Je l'efface avant qu'elle ne gèle. Et alors que j'ai tout l'espace du monde à mes pieds, que je suis à l'endroit même où le mot «  liberté » prend tout son sens, je me sens faite comme un rat, littéralement prise au piège. Je me rends compte que je n'ai nulle part où aller...

Alors que ce « Big Sky » me sourit, qu'il m'offre un visage de cinéma, ma vue se trouble, les sommet se transforment en toits et les nuages s'amoncellent... mais oui, je le reconnais...c'est le ciel brouillé de ma chère Bruxelles!

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Mercredi 26 juillet 2006

Afin de remettre un peu de structure dans l’esprit complètement à l’ouest qui est le mien, j’ai décidé d’employer la manière forte : le yoga ! Mais oui… ceux qui croient que le yoga est une espèce de série d’acrobaties et de mouvements dépourvus de toute sollicitation de force physique sont bien mal renseignés. Marie ne va pas trop nous faire travailler aujourd’hui car il a fait chaud pour tout le monde mais comme c’est une perfectionniste et qu’elle tient à ce que nous maîtrisions parfaitement les bases, la répétition n’a rien d’inutile. Position du chien tête en bas… ou devrais-je dire… Adho Mukha Svanasana (Marie tient à ce que nous apprenions les noms sanskrits des pauses) ? Une fois en place, le corps en V inversé, je me mobilise, pousser fort avec mes mains, tourner les biceps vers le plafond, tendre les bras, allonger la colonne, éloigner les épaules des oreilles, pousser les fesses vers le ciel tout en rejoignant le sol avec les talons… Et ça tire dans tous les sens ! Et l’on doit penser à tout ! Ne se concentrer que ce sur ce que le corps doit faire, prendre conscience et possession du plus petit muscle, du plus petit os…  J’essaie de penser à tous les détails puis visualise l’ensemble. Pendant une heure, j’ai l’impression d’enfin maîtriser ce corps qui m’échappe la plupart du temps.  Pendant un heure, mon cerveau toujours à la limite de la surchauffe va se recentrer et gare si je tiens la bride un peu mollement car cela n’échappera pas à l’œil expert de Marie : « Ne laisse pas filler le mental ! » me dit-elle d’un ton qui fait que j’obtempère très vite. Même lorsqu’il s’agit de respirer, j’essaie de ne penser qu’à cela : mon souffle.

 Remise debout, pause de l’arbre… aïe… moi et mon sens de l’équilibre… Je tire mon pied sur ma cuisse et essaie de me stabiliser, d’enfoncer  mon pied gauche dans le sol. Ma jambe tremble… un arbre, je suis un arbre… un sapin… un petit sapin qui lutte pour que sa cime atteigne elle aussi le soleil. Je lève les bras au dessus de la tête et fixe le mur en face de moi. Mon pied devient racine et plonge dans la terre, se répend, mes bras sont branches…  j’imagine les pommes de pin, les aiguilles de ce vert profond et luisant, leur odeur… un raideur végétale me prend alors… ça dure une seconde à peine mais pendant un bref moment… j’étais conifère ! Et le cours fini, l’âme reposée, le pas léger, je souris aux petits oiseaux du parc qui sont encore réveillés… il me semblait bien en avoir vu un, gazouillant son plaisir d’être libre là, sur mes branches, lorsque j’étais un petit sapin.

 

 

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Lundi 24 juillet 2006

Le cerveau explosé, l’esprit plus qu’embrouillé, la peau moite, les yeux larmoyants, les oreilles bourdonnantes et les mains mal assurées… aucun doute là-dessus, j’ai la fièvre ! 

Sur l'écran de mon ordinateur, les noms et les listes défilent… je bosse machinalement… c’est effrayant comme on peut se mettre en mode robot aussi facilement. Ce qui me reste d’esprit lucide essaie de faire le ménage dans ce grand fouilli… Pour aggraver les choses, « Grace » de Jeff Buckley passe à la radio. Et voilà, ‘manquaient plus que les frissons. Je me prends la tête dans les mains et écoute cette voix si aimée… qui m’atteind à chaque fois jusqu’au fonds des entrailles et me les fous complètement à l’envers. A chaque envolée, j’ai l’impression que le souffle va me manquer et que mon cœur va exploser. Il était temps que cette chanson se termine. Plus personne au bureau… je décide de remettre à demain ce qui me reste à faire. Ce n’est vraiment pas le moment !  Je leve le nez et me rappelle que j’ai « charge d’âmes » : les plantes de ma collègue partie en vacances ! Je vais remplir une cafetière d’eau pour les arroser. Leur propriétaire m’a bien recommandé de leur parler : « Et alors ? La musique, ça vous titille aussi la chlorophylle ? ». Je caresse les petites feuilles vertes, regardant leurs formes, leurs nervures, leurs couleurs… et alors qu’un calme relatif commence à s’installer en moi, une litanie, arrivée d’on ne sait où, résonne à mes oreilles…

« Le problème quand tu r’trouves ton cœur

C’est qu’il t’en fait voir de toutes les couleurs

Et alors tu te souviens pourquoi

Tu l’as largué la dernière fois »

 

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Vendredi 21 juillet 2006
 
 

5 heures... fait trop chaud et je n'arrive pas à dormir. Mais est-ce la chaleur ou l'excitation de partir à la suite de Saule et les Pleureurs, destination Paris-Plage? Je décide de sortir de mon lit.


7h30, je vais au boulot pour vérifier que tout est en ordre et frimer un peu.


 
 

10h10 : en route pour la station Delta. Le soleil est revenu... Je sens un petit noeud de nervosité dans mon estomac. Oh oh... je sais ce que c'est. Bon, je croyais mon fond de timidité plus ou moins guéri mais je constate que cette belle confiance en soi craque au premier vrai test. Putaaaain...

 


 

11h, après avoir fait un petit tour dans la station Delta j'arrive enfin au parking. Saule m'accueille avec son grand sourire, la plupart des Pleureurs sont déjà en route avec le camion et je fais connaissances avec mes compagnons de route du jour : Inachis et Fred son Zom, qui sera notre chauffeur, koko* (la plus jeune d'entre nous et notre mascotte) et Sophie_L. Gayou nous suivra un peu plus tard dans une autre voiture. Ouf, elle partira elle aussi! Je reste un peu en retrait... j'observe... tant de nouvelles têtes... j'essaie de trouver mes marques dans un groupe qui se connaît déjà. Inachis et son Zom sont tellement mignons! Jeunes mariés, on sent l'amour qu'ils ont l'un pour l'autre et je souris en y repensant. Inachis fait peut-être une cinquantaine de kilos toute mouillée mais quelle énergie, quelle détermination et quelle force de persuasion puisqu'elle a convaincu la mère de Koko de nous la confier pour la journée. Mais quel contraste aussi avec son Zom! Moins audacieux (quoique) mais si agréable, avec un mot gentil pour chacun...

Salut les amoureux!

 
 

Sophie_L est sans doute la plus extravertie. Une vraie pile Energizer, touche-à-tout, ayant plein d'histoires à raconter. Plus tard dans la voiture, nous réaliserons qu'en fait, nous travaillons dans le même bâtiment, à deux étages de différence! Je crois qu'un lunch s'impose dans les prochains jours.

 
 


Koko est elle toute contente de se trouver avec nous! Elle a failli ne pas venir mais le sens de la repartie d'Inachis a fait des merveilles avec sa maman : « Pensez au plaisir qu'elle va avoir. C'est un truc que l'on ne fait qu'une fois! ». Et c'est ainsi que cette jeune fille douce mais qu'on sent pleine de détermination se trouve sur un parking bruxellois au lieu de piloter son tracteur.

 

 

 

Quant à Gayou, je ne la verrais que brièvement dans la journée et j'espère pouvoir apprendre à mieux la connaître la prochaine fois.

 
 

11h30, en route pour Paris! La voiture de Saule en tête, nous suivons. On papote, on fait connaissance... On se met le CD en route, histoire de se mettre en voix et on retrouve le camion parti avant nous. Alors que la voiture fille sur le bitume, je pense à l'affiche: en plus de Saule, il y aura Zita Swoon, Ozark Henry et dEUS. Une affiche de rêve! Vers 16 h, nous voilà à Paris-Plage après une petite ballade touristique bien involontaire (mais il est où ce pont?), nous arrivons sur le site et sommes chaleureusement reçu par Christophe, l'organisateur du festival et qui nous annonce que Miossec accompagnera Zita Swoon... Encore d'autres surprises dans le genre? Inachis fait à nouveau des merveilles en arrivant à obtenir des laisser-passer pour les coulisses. Les T-shirts du groupe et mon chapeau de paille suffiront. Et là, je crois halluciner... à deux pas, Piet Goddaer d'Ozark Henry cause avec Stef Kamil Carlens de Zita Swoon. Un peu plus loin, je manque percuter Klaas Janzoonzs, le violoniste de dEUS... Les boissons coulent à flot. Koko et moi sommes comme deux petites folles. OK... j'avoue, je suis coupable! En moi, sommeille une petite groupie. Pourtant, je ne suis pas vraiment impressionnable. J'ai une formation de journaliste et vous pouvez me mettre devant le visage de glace de Vladimir Poutine que je ne m'émeuverais pas le moins du monde mais transposez la scène devant un artiste que j'apprécie et là, mon cerveau n'obéit plus. Je crois que c'est parce que le « beau » me touche tellement profondément... j'ai un énorme respect pour les artistes (chanteurs, acteurs, peintres, écrivains), j'ai peur de déranger, d'ennuyer, d'importuner et en même temps, j'aimerai qu'on partage un moment ensemble, pouvoir dire pourquoi je les apprécie, et si possible d'une manière spirituelle ou tout du moins un plus élaboree que « je vous adoooore »... mais non. Je suis là , je regarde, je regarde... et je me tais. Peut-être oserais-je un sourire mais pas plus. Ça convient sans doute au côté contemplatif de ma personnalité mais la Mélissa rentre-dedans, qui existe elle aussi, trouve cette épreuve d'une frustration quasi insupportable.

 

Stef Kamil Carlens et Miossec font leur balance

 

Sophie, Koko et moi sortons et regardons Zita Swoon faire sa balance... Stef et son groupe ont l'air tout à fait décontractés et MONSIEUR Miossec arrive sur scène lui aussi. Un sourire pointe sur mes lèvres... Il y a quelques semaines que « La facture d'électricité » tourne en radio et la première chose qui me soit venue à l'esprit en l'entendant fut « Christophe, ton cas ne s'arrange pas! ». Mais a t'on envie que cela s'arrange quand on voit le résultat que nous offre ce grand sensible? ;o)

 


 

Saule et ses musiciens arrivent enfin pour leur balance. Des problèmes techniques s'en suivent et il faudra une heure pour régler tout ça... Alors que le concert va commencer, un petite pluie rafraîchissante tombe doucement, puis de plus en plus fort. Manque plus qu'une bouteille de Tahiti Douche pour reconstituer les célèbres pubs! Une petite dame brune s'avance devant les barrières, accompagnée de deux mignonnes petite filles. C'est Lio, qui est un peu la fan No1 de Saule et qui est venue l'applaudir en famille.

Ça y est, c'est parti! Les premières note de « Saule » sont reçues par nos applaudissement et la banderole de 3 mètres que Koko a préparé et tout ça, sous les flashes des photographes! C'est clair, on ne peut pas nous manquer. Le soleil est revenu et Saule se lance dans la conquête des coeurs parisiens (et flamands... car il sont nombreux venus pour applaudir Zita, Ozark et dEUS) et se donne! Rien à dire, le mot « bête de scène » est loin d'être galvaudé. Ce que j'aime chez Saule, c'est qu'en live, il donne une vie supplémentaire à ses chansons. La façon dont les chansons sont écrites déjà suscite des images familières (combien de fois ais-je regardé ces « etoiles à l'envers » à travers mon velux lorsque j'habitais sous les toits en songeant « et si... »?) mais sur scène, il y dispense une énergie et une émotion... Les Pleureurs ne sont pas en reste, tous sourires... surtout Mathieu et son désormais légendaire freestyle! Sophie et Koko se donnent elles aussi. Et elles sautent, elles chantent, elles applaudissent... Un peu encombrée par mon appareil photo, j'essaie de suivre le rythme endiablé que mes deux complices ont imposé! « Si », « Minimum », « Tu dors », « L'opéra »... quasi tout l'album sera passé en revue avec en prime « Les vaches aussi ont une âme ».

 

 



Un grand moment pour Koko: la rencontre avec Lio!

Au milieu du set, Lio disparaît... je sais ce qui se trame! Dix minutes plus tard, Saule annonce qu'en cette veille de Fête Nationale belge, un titre culte était de rigueur : « Banana split »! Et voila Lio, pieds nus, qui arrive sur une version vitaminée à la guitare. Un pur moment de bonheur! Passé à une vitesse folle, le concert se termine sur « La modestie » en rappel et notre banderole levée bien haut vers le public Vite, nous nous dirigeons backstage pour féliciter le groupe. On discute avec Saule et nous lui demandons ses impressions, son sentiment. Pour lui comme pour nous, c'est l'atterrissage. C'est alors que Lio arrive... ni une, ni deux, Inachis entame la conversation. A nouveau, Koko n'en croit pas ses yeux! Lio, qu'elle adore, est devant elle. Inachis fait les présentations et là, c'en est trop pour Koko qui fond en larmes, immédiatement consolée par l'adorable Lio, presqu'aussi émue. Je vois les yeux d'Inachis devenir humides... et tout à coup, je sens mon petit coeur se mettant à fondre, ma vision devient trouble, et je commence à pleurer moi aussi! Cela ne m'était plus arrivé depuis... pfff... je ne sais même plus depuis quand! Et on parle de Saule, et de pourquoi il fait vibrer la corde sensible qu'on a tous là...

 
 

Un mot sur Koko, un des plaisirs de cette expérience était de la regarder avec ses yeux émerveillés par tout ce qui l'entourait, son enthousiasme communicatif. C'était touchant de la voir si heureuse... répétant que c'était sans doute le plus beau jour de sa vie. Quelle bouffée d'air frais alors que j'ai l'impression de me retrouver entourée de personnes blasées et fatiguées de la vie.

 


 

Nous allons profiter du concert de Zita Swoons backstage. De temps en temps, je sors pour aller les voir jouer et prendre des photos... exercice difficile car à présent, les abords du pont Sully sont plein à craquer. Stef, comme d'habitude, prouve qu'il est un des meilleurs performers qui existe. C'est évident qu'il est content d'être là et le groupe s'en donne à coeur joie. C'est la première fois que les vois sur scène et j'espère que cela ne sera pas la dernière! Je reviens backstage et voilà que je trouve Fred, entouré de Koko et Inachis, en pleine conversation avec Piet Goddaer. L'oeuvre de sa femme, j'en suis sûre! On parle en néerlandais, il répond en français. Comme j'ai adoré « The Sailor, Not The Sea », je suis impatiente de voir le résultat sur scène! Piet est tout à fait charmant et nous le laissons se preparer en lui souhaitant bonne chance. J'ai soif, il fait tellement chaud que le bar des coulisses est à cour de Kro... J'essaie leur nouvelle « blanche ». Eurk... une bière avec du jus de citron sucré dedans! Quel massacre!

Alors que je reviens, je vois que Tom Barman, le leader de dEUS est là. Bon... ça fait plus de dix ans que je suis dEUS, ca fait la deuxième fois que je me retrouve nez-à-nez avec le charismatique Monsieur Barman...

 

Je regarde Inachis et lui envie son aplomb. Je le lui dit et là, elle me dispense des conseils que je garderais gravé dans un p'tit coin de ma tête. Klaas, Tom et Alan Gevaert, le bassiste, sont assis devant leur loge-cagibi (climatisée, tout de même). Je suis à deux pas et me répète ce qu'Inachis vient de me dire. Comme quand j'allais sauter du grand plongeoir de la piscine lorsque j'etais petite, je ferme les yeux : « A la une, à la deux, à la trois! » et HOP, je me place en face de Tom et lui demande dans mon meilleur néerlandais si une de leur admiratrice peut prendre une photo avec eux. « Bien sûr! » répond il avec un sourire. Je leur serre la main, je m'installe donc, Klaas tient à me faire tenir sa bouteille. Très jolie photo, si ce n'était la présence de cette fille à l'air un peu crispé mais avec un sourire jusqu'aux oreilles. Baby steps, people... baby steps...

 


 

Nous quittons une dernière fois l'espace backstage en remerciant nos hôtes. Le concert d'Ozark Henry commence et ce fut un grand moment! La musique sophistiquée, puissante et pleine d'émotion du groupe se prête très bien aux concerts en plein air, naviguant entre tension et mélancolie. Quand vient le moment de « At Sea », je suis littéralement transportée et je vois que je ne suis pas la seule. Koko aussi à la chair de poule.

22 heures, nous retrouvons Sophie et Gayou, qui passera la nuit à Paris. Malheureusement, nous allons manquer dEUS, Inachis et Fred devant rentrer. C'est pas possible, il doit y avoir une malédiction qui m'empêche de les voir en live!!!

 

1 heure du mat', nous déposons une Koko enchantée mais impatiente de retrouver son lit entre les mains de sa maman et sa grande soeur.

Vers 1h40, la voiture de Fred et Inachis s'arrête devant chez moi. En poussant la porte, je pense à tout ce que je viens vivre, à tout le plaisir que j'ai reçu, à la chance d'avoir rencontré 5 personnes formidables. Et tout ça, grâce à Saule, que je ne pourrais jamais assez remercier d'avoir eu l'idée de ce convoi.

 
 

Avant de fermer les yeux, je rigole tout bas dans mon oreiller. Je viens de réaliser que, oui, j'ai eu une occasion unique, quelque chose que tout fan a toujours eu envie de dire un jour : « C'est bon, je suis avec le groupe! »

 


 

 

 
 
 

Au revoir, Paris!

 
 

 

 


 
 

Bien à vous,

 


 

Melissa_bel

par Mélissa_bel publié dans : melissabel
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