Je voulais avoir la paix. Après trois week-end d'affiliée à Bruxelles, j'avais envie de souffler et de me retrouver toute seule, complètement seule, colocataire incluse.
Vendredi soir, mon petit bagage prêt, je partais donc pour le Borinage. Ma grand-mère étant partie en Italie pour deux mois, la maison était vide et franchement, quoi de mieux qu'une grande maison à soi toute seule pour décompresser? En arrivant, je poussais un « ouf » d'aise. J'avais devant moi 2 jours où je pouvais me consacrer à ma petite personne sans aucune autre obligation que mon bon plaisir (et le maintien d'un ordre relatif dans la maison). En faisant cuire mes spaghetti tout en préparant mes ingrédients pour les faire « all'aglio e olio », je pensais que demain, je prendrai mon vélo pour faire quelques courses pour le week-end.
Après avoir passe une soirée télé comme je les aime (allongée sur le divan), je partis me coucher. Le lendemain matin, un soleil radieux me tire de mon lit. Je prépare mon café (encore un autre petit plaisir, je n'ai pas de cafetière italienne à Bruxelles) et mes tartines au Nutella. Un peu avant 10 heures, mon père pousse la porte d'entrée. Je prépare à nouveau du café. Pour une fois, il est venu seul. Je ne déteste pas ma belle-mère mais on a si peu l'occasion de parler rien que nous deux! Même si on ne se raconte rien de très profond, ni de très important, ça me fait plaisir. Après une petite demi-heure, il est déjà parti. J'enfourche mon vélo et en route! J'achète mon journal, quelques fruits, de la charcuterie... la nature rit. Les roses dans les jardins sont en fleurs, les près sont fauchés et le mais commence à être aussi grand que moi (certaines mauvaises langues prétendent que ce n'est pas difficile). Une fois rentrée, je me sers une nouvelle tasse de café et lis tranquillement le journal. Moi qui n'ai que le temps de le parcourir sur l'heure du midi! Il faudrait d'ailleurs que j'explique à mes collègues que la raison pour laquelle je ne dîne pas avec eux n'est pas à cause d'une asociabilité présumée mais bien parce que c'est le seul moment de la journée ou je peux plus ou moins lire mon quotidien! La plupart des nouvelles sont mauvaises. Je regarde le ciel bleu et limpide et décide de sortir au jardin et inspecte le potager et les fleurs. Les piments grandissent, les fleurs de courgettes ne vont pas tarder à éclore, les plantes de pommes de terres se comptent par dizaines... ces jolies petites étoiles blanches au centre jaune qui plaisaient tant aux reines d'autrefois. L'hibiscus a commence à fleurir lui aussi. Il suffit de le regarder face à ce ciel azur pour oublier sous quelle latitude j'habite! Ah! Saint-Thomas! Et Saint-Martin! Quand y retournerais-je?
A côté de lui, un arbre ramené d'Italie et dont je ne connais pas le nom, est couvert de ses étranges floraisons jaunes aux longues étamines rouges, qui s'échappent de son centre comme des flammes de la gueule d'un dragon. Comment peut-on s'entre-tuer quand tant de beauté nous entoure? Il faudrait que j'enlève les mauvaises herbes qui commencent à envahir les parterres. Je regarde l'heure. Il est temps de préparer à manger. Alors que je cuisine, je chante en même-temps que la radio. Mon dîner fini, je fais la vaisselle puis m'installe au salon pour manger ma nectarine et regarder le journal. Tout le Proche-Orient va mal. Irak, Iran, Israël, le Liban, les territoires palestiniens, la Syrie... A nouveau, j'ai du mal à comprendre quelle est cette folie mortifere saisit les hommes? Du mal à comprendre comment l'on peut penser que la logique de l'escalade dans la violence pourrait ammener plus de paix et de sécurité à leurs peuples respectifs.
J'ai besoin de me vider le cerveau et part au jardin. C'est le moment idéal pour arracher ces mauvaises herbes. Armée d'un sac et de mes mains, je me mets à la tache. C'est fou ce qu'une activité aussi répétitive peut vous libérer l'esprit! Il n'a pas plus depuis longtemps et ce n'est pas facile. Les racines restent prisonnières de la terre comme des problèmes qu'on a laisses se développer trop longtemps. Je plonge mes main dans la terre et tire d'un coup sec. Ca demande un petit effort mais c'est à ce prix-la qu'on y arrive. Se débarrasser des choses nuisibles qu'on a permis de s'installer n'est pas si facile. Certaines herbes sont jolies avec leurs aigrettes, séduisantes, mais quand on regarde bien, on voit les pauvres pensées qui étouffent, un zinia qui s'étiole... Toutes ces jolies choses plantées avec amour qui meurent par négligence. Et je commence a penser a mes propres mauvaises herbes, celles dont il faut se débarrasser. Comme le jardin, c'est un travail à renouveler sans cesse. Je pense a ce qui m'a pourri et ce qui me pourrit toujours la vie, qui m'empêche de grandir... Une heure de boulot. Le soleil tape mais j'ai terminé. Je contemple le travail accompli et vais chercher mon appareil-photo. Chouette opportunité de tester les capacités de macro de mon nouveau joujou. J'essaie de saisir un papillon posé sur une branche de lavande rien à faire! Le client suivant est un gros bourdon qui lui, est beaucoup plus complaisant avec mon appareil. Click!

Alors? Vous pensez quoi du résultat?
Installée tranquille dans mon fauteuil avec mon goûter, je décide de ne plus rien faire pour le reste de la journée. D'ailleurs, que fais-je encore ici. Je prend ma zapette et POUUUUUUUUUUUUUUUFFFFFFFFFFFFFFFFFFF