C’est avec une certaine excitation que j’arrivais en gare de Bruxelles. Rien à faire, je reste toute excitée malgré-moi. Malgré le fond de sérieux de ma personnalité, malgré le dédain d’une certaine beauferie qui va quelque fois (souvent ?) de pair avec les fanas de foot… Et puis zut, une Coupe du Monde, c’est seulement tous les quatre ans. Et alors, une Coupe du Monde où votre équipe préférée est en finale, c’est encore plus rare ! Ca fait 12 ans que j’attendais çà. Depuis le jour où Roberto Baggio avait raté son tir au but en finale contre le Brésil. Depuis le jour où j’ai vu des hommes dans la force de l’âge se prenant la tête dans les mains, les larmes aux yeux. Je n’avais pas encore décidé de l’endroit où j’allais regarder le match. Arrivée à la maison, je me décide ! J’envoie un SMS à Sanja, une copine française. Et si on regardait cette partie ensemble ? Rendez-vous est pris en terrain neutre (un pub anglais). Une fois arrivée sur place, le pub est presque également divisé entre supporters des Bleus et tifosi de la Squadra Azzurra. Ca promet ! Sanja et moi nous extasions devant le joli minois de Cannavaro… plus tard, nous aurons même la chance de voir une de ses fesses (« je me gratte le derrière mais je ne sais pas qu’il y a une caméra derrière moi »). D’accords, c’est peu élégant mais qu’importe le flacon ! La partie est enlevée… on sent les Italiens nerveux et je commence à avoir des doutes. Puis, catastrophe ! C’est le penalty pour la France. Zinedine Zidane, le visage fermé, frappe la balle. Buffon plonge, la balle va vers le haut… frappe le montant et atterrit 15 centimètres à l’intérieur de la ligne de but ! Nooooooooooooooooo !!! Les Français exultent. Mais loin de laisser faire, les Italiens décident passer à l’attaque. A ce moment là, le match devient VRAIMENT intéressant. Finalement, … Matterazzi envoie un superbe goal. Barthez ne pouvait rien faire. L’enjeu est relancé, pour les amateurs de suspense, c’est parfait. A ce moment là, je me dis qu’il faut arquer avant la fin de la mi-temps, histoire de prendre l’ascendant mais rien à faire !
La deuxième mi-temps sera plus frileuse. Les Azzurri semblent fatigués mais la défense tient bon. Bon, Ribery commence vraiment à m’énerver maintenant et Zizou reste impérial! Marcello Lippi décide de remettre le coup gagnant contre l’Allemagne sur la table et fait rentrer Iaquinta et Del Piero. Rien n’y fait. Le match devient plutôt moche à ce point là. Domenech quand à lui, a fait rentrer les bourreaux des Azzurri lors de l'Euro 2000 : Wiltord et Trezeguet. Aille!
En fin de deuxième mi-temps, les deux équipes donnent un coup d’accélérateur mais l’arbitre argentin siffle la fin. Prolongation ! Oh non, pas de tirs au but, s’il-vous-plaît ! Quoiqu’avec un gardien comme Buffon ! Sanja rit de mon air un peu angoissé. Les Français présents dans le bar commencent à s’échauffer. Eux non plus ne savent pas tenir la bière belge ? Je crois qu’ils sont enervés par le jeu italien qui ne laisse pas d’occasion de marquer, ou si peu. Deuxième partie de la prolongation. Materrazzi est près de Zidane, on les voit se retourner l’un vers l’autre puis tout à coup, coup de sifflet de l’arbitre. On revoit l’actionet je n’y crois pas. Le grand Zidane donne un coup de tête en plein dans la plexus de Materrazzi. Incroyable ! Mais qu’a-t-il fait ??? L’arbitre va parler à son juge de ligne. Il n’a rien vu. Il revient vers les protagoniste et… sort le carton rouge. C’était innévitable. C’est la consternation pour moi aussi. Un si grand monsieur du football, se faire sortir de cette façon un jour de finale de Coupe du Monde ! Le jour du dernier match de sa carrière !
Et cette image, Zidane, tête baissée, passant à coté du trophée, droit vers les vestiaires, cette image sera l'Image de cette coupe du monde.

Le podium est installe et l'équipe de France reçoit sa médaille. Zinedine Zidane n'est pas revenu. Probablement fâché contre lui-même. Finalement, c'est le tour des Italiens, ils s'amusent autour du trophée comme des gamins. Cannavaro, le Capitaine, s'en saisit et brandit bien haut. Explosion de feux d'artifice et de confetti! C'est magique! Deux minutes plus tard, j'entends les coups de klaxons au loin. Les Italiens de Bruxelles vont bien faire la fête ce soir. J'embrasse Sanja, saute dans un taxi, donne mon compte-rendu au chauffeur et me voilà chez moi. Au mois de septembre, les qualifs de l'Euro commenceront. Et le compteur sera remis à zero. Et devinez quelles équipes sont dans le même groupe? Oui, ça va saigner!
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Il était temps que je secoue les souvenirs de la nuit pour revenir à une préoccupation ô combien plus concrète : le match Allemagne-Italie. « Ancora la Germania » avait titré « La Repubblica ». « Ancora » mais à chaque fois, les Transalpins avaient gagne et c'est avec l'esprit confiant que j'arrivais place du Luxembourg. Comme je m'y attendais, pas moyen de trouver une place assise! S'il n'avait tenu qu à moi, nous serions allés ailleurs mais au moins, l'ambiance y était! 

