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Pensées sans importance |
Samedi 24 juin, vingt-et-une heures et j'arrive sur la Grand'Place. Quel cadre plus approprié que « le plus beau théâtre du monde » pour un opéra? Et surtout, d'une oeuvre dont les principaux personnages sont des comédiens puisque ce soir, Le Théâtre de la Monnaie nous livrera « I Paggliacci » de Ruggerio Leoncavallo. « I Paggliacci » se déroule lors de l'arrêt d'une petite troupe de théâtre s'arrête dans un village calabrais. Passion, adultère, chagrin d’amour et drame... Un réel bonheur pour moi qui n'ai jamais visite le Théâtre de La Monnaie que pendant la Journée du Patrimoine!
Plus de vingt-deux heures... mes amis m'attendent Place des Palais pour LA grosse fiesta du jour. Le défi de la soirée? Retrouver un groupe 4 alors qu'on annonce 50.000 personnes présentes. Je débarque en plein set de Babylon Circus et rythmée par leur musique endiablé, ma recherche prend l'air d'une folle course contre la montre dans un film à la Klapisch. Je regarde à gauche, à droite, des gens marchent et dansent dans tous les sens. J’en ai le tourni ! En désespoir de cause, je dégaine mon GSM mais je dois quasi hurler : « Vous êtes oùùùùù? » « Près du stand Zizi Coi-Coin » (enfin compris après la troisième fois). OK... mais lequel? Heureusement, le deuxième sera le bon. Quant à Babylon Circus,
Je ne sais pas l'heure qu'il est alors que la Fête se termine et que la place commence tout doucement a se vider. Visiblement, personne n'en a assez... le sol est jonche de gobelets en plastique... Les estomacs grognent. Bras dessus, bras dessous, mes amis et moi nous dirigeons vers un fast-food de l'avenue Louise. En terrasse, on papote. Seb nous livre ses impressions sur le Japon, dont il revient, Pascal parle musique, Daniela rit, Laurent écoute... Vers 3 heure du matin, on décide de lever le camps. On s'embrasse, chacun reprend le chemin qui le mènera jusqu'à son lit. A quatre heure, je décole enfin pour les pays de rêves.
Mièle sont les suivants. Un groupe que je connais mal. Catherine, la chanteuse-musicienne m'impressionne tout de suite: guitare, batterie, trombone, une voix trouble qui vous happe l'air de rien. La musique hésite entre entre une pop aérienne (« Je vous avoue » qui tourne en radio) et un rock possédé, fiévreux et légèrement inquiétant que le groupe nous a proposé ce soir. Etrange animal ce Mièle. Pas aussi évident que les autres artistes que j'ai eu l'occasion de voir ce soir et qui nécessite une seconde écoute!
Le plat de consistance, c'est Saule et ses pleureurs… Avec une popularité grandissante, le groupe de Baptiste Lalieu arrive en terrain conquis et je soupçonne qu’un collectif de fan s’est ramené en force). Je dois dire que ce fut ma révélation de ce week-end. J’avais déjà fondu pour « Si » et « Minimum » qui passent régulièrement à la radio et je dois dire qu’avant même la fin de leur premier titre « Saule », j’avais rendu les armes. Baptise est un vrai show-man et soutenu par des Pleureurs très en forme, le public était parti pour une excellent moment en leurs compagnies. Sensible (« Si »), ludique (une exortation à faire la chenille sur « Le bal des timides »), primesautier (« Tête en l’air »), et me suis marée sur « Une nuit à l’opéra »)… il y aussi énormément de profondeur (les mots) dans la simplicité (la musique). Bref, l’on peut me compter désormais parmi les admiratrices de Saule et des Pleureurs qu’on reverra au Festival Couleur Café (http://www.couleurcafe.be).
Et pour terminer de nous gater, Karin Clercq vient rejoindre Marie sur scène pour une interprétation des « Sucettes » du grand Serge!
21 heures... demain, je bosse et comme l'envie de voir la deuxième mi-temps de Portugal/Pays-Bas me titille... je décide de remettre Zop Hophop a la prochaine fois à la sortie du Carre de Moscou, des grands enfants s'extasient devant la pêche aux canards. Est-ce que le jeune homme s'y mettra pour ramener un nounours à sa belle? J'ai préféré ne pas attendre qu'il se décide et rentre chez moi la tête pleine de sons et les yeux plein d'étoiles...
Sortie du boulot, je passe en vitesse au mini-supermarché… plus de pain, évidemment, je dois me rabattre sur ce qui reste : une ciabatta et un piccolo. Ca ira. Bien que je n’habite pas très loin, je n’ai pas envie de marcher jusque là.
Le ciel est laiteux, de ce blanc légèrement bleuté des nuages d’altitude qui filtrent le soleil, tout comme on pose un voile sur une lampe pour la tamiser. La Place Flagey, ses travaux interminables, ses terrasses, ses feux de circulations qui ne marchent pas, bref, son chaos… et pourtant, j’ai l’impression que tout fonctionne au ralenti. Je me dirige nonchalamment vers l’arrêt du tram. Il fait chaud mais pas trop et j’ai l’impression d’être entourée d’ouate. Je regarde les autres passagers qui attendent. Une fille aux cheveux jais en pétard habillée de noir se ronge les ongles. Les yeux noirs, elle a le visage quasi ocre mais les pieds tout blancs dans des petites mules néanmoins très fashion. Abus d’autobronzant, peut-être ? Je trouve çà plutôt touchant. Ca me rappelle moi. Il y a toujours quelque chose que j’oublie.
Pas loin, un grand black est assis sur muret, la casquette vissée au crâne, la tête appuyée sur les mains , il regarde droit devant lui sans ciller. Un euro pour vos pensées ?
Entre deux voitures, à guetter l’arrivée du véhicule, un beau-mignon prend un air impatienté. Oui, Monsieur fait évidemment de la gonflette, les cheveux blonds sont savamment ébouriffés, la monture des lunettes, faussement sévères (monture carrée noire) et la tenue décontractée (T-shirt et pantalon de charpentier), une vraie petite gravure de mode… alors pourquoi bouder alors qu’il fait beau ? Après observation, pas mon genre de mec.
Appuyée sur le poteau de l'arrêt de tram, une jeune femme au cheveux noirs luisant à l’air fatiguée. Ses traits m’indiquent qu’elle vient d’Amérique latine… des Andes ? Du Mexique ? Elle ferme les yeux un petit moment puis les rouvre. Elle a entendu le clac-clac et le bruit de frein du tram.
Le voilà enfin, ce vieux tram. Rien à voir avec les monstres rutilants de l’avenue Louise. Ils ne supporteraient pas le voyage sur les collines d’Ixelles ! Qui pourrait croire que la capitale du Plat Pays soit si vallonnée. Les portes s’ouvrent, je laisse descendre les passagers pressés de quitter leur boîte à sardine (heure de pointe + soleil = une bonne marinade pour les navetteurs). Je manque de rentrer dans un retardataire et on rigole. Les portes se referment. La journée est finie.
Dans les vestiaires de la gym, il y règne une ambiance de gynécée que je n’ai plus connu depuis les cours d'éducation physique du secondaire. Et encore, on était gênées de se montrer nues pour la plupart. Plus de 10 ans plus tard, moins complexées (même si j’ai quelques kilos en plus), on se ballade nonchalamment en tenue d’Eve, à la rigueur avec un essuie autour de la taille et tranquillement, on se prépare pour la prochaine activité. On y voit des silhouettes de toutes sortes et on se rend compte que la perfection des magazines féminins n’existe pas ou si peu et c’est touchant. Nous avons toutes un ou plusieurs petits défauts qui nous démarquent, ; qui nous identifient les unes par rapport aux autres mais même les corps les plus négligés ou les plus âgés sont des objets dignes d’observation. Peut-être parce que l’on prend soin de soi ici ? Depuis, j’ai un regard tout à fait différent sur mon propre corps. Dans la brume du bain de vapeur, les corps se font encore plus mystérieux, on y voit que des esquisses. Impossible de reconnaître des visages, seules des lignes, des courbes et des volumes sont perceptibles. La chaleur n’aide pas non plus à l’approfondissement du sujet. Je reste spectatrice passive et la tête appuyée contre les mosaïques bleues du hammam, mes yeux se ferment.
Décidément... GBUS tient à ce que ses employés soient en forme!
Il y a quelques semaines, nous recevons un petit e-mail de la part de Miss S., la responsable des Ressources Humaines. Pour notre bien-être collectif, nous sommes conviés à essayer pendant 2 jours un des clubs de fitness les plus glamours de la capitale, et gratuitement. Un petit coup d'oeil dans le mirroir suffit à me décider. L'hiver commence à se faire long, je mange n'importe quoi, n'importe comment et ca se voit. Pourquoi ne pas me lancer? Je donne donc mes coordonnées à Miss S. afin que le club me contacte. Deux jours plus tard, un monsieur á l'accent indéfinissable m'appelle : "Bonjour, c'est Ugo du club qui vous appelle. L'on m'a dit que vous ne travailliez pas bien et que vous auriez besoin de vous remettre en forme". Je faillis m'étrangler avec ma propre salive et ne parvins qu'à sortir un "Ah oui?" étouffé. "Vous voulez prendre rendez-vous quand pour votre essai?" Je ne me laisse pas démonter plus longtemps et nous convenons d'une date.
Quelques jours plus tard, j'arrive dans un joli bâtiment dans le quartier Arts-Loi. J'habitais dans le coin et pourtant, je n'avais jamais vu cette place!!! Un immeuble moderne à la facade de verre me signale que j'ai atteinds mon but. Il suffit d'y jetter un coup d'oeil pour savoir qu'il s'agit du club en question. J'arrive á la réception... l'endroit est minimaliste mais chaleureux. Les orchidées et les jolis vases sont la pour donner une touche "luxe". Je recontre donc mon blagueur du téléphone et il s’avère etre un petit maigre maigrichon. Pas de quoi pavoiser. On m’offre donc un verre et Ugo m’explique les tenants du club. Je regarde autour de moi… je me sens déj zen! Toutes ces lignes pures, ces couleurs appaisantes, ce bois couleur miel des vestiaires et du parquet des studios... Quand à la piscine... hmmm... J'ai l'occasion de regarder les gens en travail et c'est du sérieux! Le prix annoncé par Ugo pour l'abonnement aussi, même avec la réduction offerte par GBUS mais bon, ca me motivera à aller tous les jours. J'entamme au plus vite les premiers cours : la liste est kilométrique! Pourquoi pas le cours de pilates? Je n'en ai jamais fait mais cette discipline inspirée du yoga me semble parfaite pour me remettre en selle. Je n'ai plus fait de vraies activités sportives depuis des lustres et ma condition physique est désastreuse. Le cours de pilates se révlle en effet être l’idéal. L’instuctrice est petite personne toute fine à la voix calme et grave, qui semble glisser plutôt que marcher. Tout se fait sur la rotation, la respiration, les étirrements… en douceur mais avec fermeté. Qui aurait cru que respirer pouvait être une affaire si compliquée! A la fin du cours, un petit tour par le sauna et je sors de là énergisée mais reposée en même temps. J’ai droit à une deuxième journée d’essai mais je crois que je me suis déjà decidée.
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