Le Blog de Mélissa_bel ou des pensées sans importance

Mardi 5 septembre 2006

J'ai l'impression qu'on se fout de notre gueule!


Franchement!


Le deuxième jour de la rentrée est a peine écoulé que voila que tout a coup, l'été semble se souvenir que, ben oui, il ne devrait pas encore être parti. Et me voila donc en terrasse, en compagnie d'autres Bruxellois en manque de vitamine D, à déguster une Leffe et griffonner sur mon bloc-note. La ville est belle sous le soleil, Même le va-et-vient du trafic devient musique, comme une espèce de ressac urbain...Les citadins ont ressorti leurs tenues estivales. Elles devaient bien s'ennuyer dans leurs placards et gardes-robes, probablement râlant ferme d'être si peu portées. Le parfum des spaghetti bolognaise de mes voisines de table me rappelle que mon estomac se sent négligé. Sans le vouloir, j'entends des bribes de leur conversation : « J'en ai marre, j'ai l'impression que je dois toujours tout faire! »...


J'essaie de m'extraire et regarde le ballet de la rue... et enfin, je sens que quelque chose manque cruellement à mon tableau. Une personne de chair et de sang en face de moi pour partager ce moment de vacance avec moi.

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Lundi 4 septembre 2006

En arrivant chez moi, et contrairement à mes prédictions, ma colocataire était bien à la maison, dans le divan, les pieds sur la table basse et pour cause : André Agassi jouait peut-être sa dernière partie. Il ne fallait pas la manquer! Flash back: j'ai 15-16 ans. Le Kid de Las Vegas (il est à peine plus âgé que moi) est un p'tit jeune au caractère aussi flamboyant que ses tenues. On n'a jamais vu çà ! Les cheveux au vent (cette fameuse coupe-mullet), le regard malicieux, une force de frappe alors inédite... On sent déjà qu'il peut aller loin, très loin?/ Dans ma chambre, j'ai un poster accroché au mur. Dans la cour de récré, j'ai adopté son look (oui, j'ai osé !) : cycliste noir à bande fluo surmonté d'un jean transformé en short à coup de ciseaux, un t-shirt vert, casquette de base-ball et des baskets de tennis.

 

Ouais.

 

Je sais.

 

Le mérite d'Agassi fut de m'intéresser à ce sport. J'avais même commencé à prendre des cours avant de me rendre compte que j'étais plus douée côté commentaire devant la télé que sur le court.

 

Il incarnait le fun et le renouveau dans le monde guindé de la petite balle jaune mais en même temps, on sentait bien que ce n'était pas de l'esbroufe. Il jouait bien, même très bien mais les résultats tardaient. Enfin, en 1992, tout de blanc vêtu (pas une seule trace de couleur ou de noir, pour faire un pied-de-nez au règlement du tournoi), je le revois soulever la coupe gagnée contre Goran Ivanisevic à Wimbledon, son premier tournois du Grand Chelem. Je me souviens de ses larmes de bonheur. Moi aussi, j'avais la larme à l'oeil. Je l'attendais également cette victoire ! Le public adorait ce gars qui était là pour se faire plaisir et qui visiblement, jouait parce qu'il aimait le sport, sans qu'il donne l'impression qu'ont certains de souffrir le martyre.  

 

21 ans après avoir débuté, après avoir gagné tous les tournois du Grand Chelem, c'est en joueur respecté qu'il quitte le tennis et nous, son public. On aurait voulu le garder un petit peu plus longtemps mais Benjamin Becker (et un mal de dos féroce) en ont décidé autrement. Sous les acclamations debout de Flushing Meadows, il a tiré sa révérence et en le regardant quitter le court, c'est comme une petite partie d'enthousiasme juvénile qui se barre avec lui. 

P.S. : Pour un regard croisé sur ce champion, allez jetter un coup d'oeil chez Fredogino.

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Dimanche 3 septembre 2006

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J'ai la tête vide... Mon week-end était-il un peu trop relaxant? Je me délectai à l'avance de pouvoir prendre mon temps et d'écrire et voilà, je fixe mon écran et réalise que je n'ai rien à dire aujourd'hui. Tant qu'à faire, autant que je vous mette au courant tout de suite. Je n'ai pas l'habitude de parler pour ne rien dire mais pourquoi ne pas tenter le coup et voir si, en laissant mes doigts courir sur le clavier, une idée lumineuse ne surgirait pas de quelque part? En fait, c'est n'est pas tellement que je n'ai rien à raconter mais plutôt que je n'en vois pas le but. Pourtant, vendredi, dans le bus qui me conduisait à travers la campagne, une foule de pensées se bousculait au portillon. Évidemment, il a fallu qu'elles disparaissent, emportées par le tourbillon de la vie. Et j'aurai beau essayer de les transcrire par après, ce qui me semblait beau et si digne d'intérêt me parait à présent inutile et vain. Comment cela se peut-il? Je me rappelle avoir contemplé un ciel argent, les nuances de vert des saules et des peupliers, et une fois sortie du véhicule, avoir ressenti cette impression si particulière lorsque l'air est à une certaine température , qu'on ne le sent plus sur la peau... un état d'apesanteur fugace et étrange. En poussant la porte de ma grand-mère, je quittais donc ma dimension ou tout n'a de signification que pour moi-même. Alors aujourd'hui, je sèche, je sue a grosse goûte en pensant à remplir mon article. 


Tout à l'heure, je prendrai à nouveau mon train pour retrouver Bruxelles. Je me noierai sans doute l'esprit dans un magazine féminin en sirotant un coca... de temps en temps, je me laisserai happer par le paysage. Je monterai dans mon tram et scruterai les visages en y cherchant quelque chose qui me fera tressaillir les entrailles. Et enfin, j'arriverai à la maison, probablement vide avant le retour de ma coloc' en maudissant les dimanches après-midi. J'allumerai mon ordinateur et viendrai vous livrer ma dernière cargaison et je penserai que, décidément, jamais mon blog n'aura aussi bien mérité son titre.

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Lundi 28 août 2006

J'ai envie de me la couler douce... après un dimanche passé allongée sur le divan avec une satanée fièvre arrivée à l'improviste (elle est d'ailleurs partie comme elle est venue) à ne manger que des petites pâtes au bouillon de poulet (précédée de cachets d'aspirine... hmmm... ). Alors, comme j'ai commence à en prendre l'habitude, voici mes nouveaux coups de foudre.

 


 

Melissabel écoute :

 


 

Les 5 heures Cinéma de Rudy Leonet et Hugues Dayez.

 
 

Faut-il encore les présenter? Pas pour les Belges mais pour ceux qui n'ont pas la bénédiction d'avoir Pure FM (disponible en streaming quand-même) ou pour ceux, comme moi, qui sortent du bureau à cette-là, il y a le Podcast. Bon, premièrement, çà ne dure pas 5 Heures mais 3 (une heure pour les DVD, c'est l'échauffement avec Geoffroy Klompkes) puis le Sieur Dayez vient rejoindre son patron pour deux heures de critiques ciné sans concessions (mais jamais gratuites), de foutage de gueules, de musique (souvent française) finement choisie, de private jokes mais surtout de gros fous rire. Après des vacances qui me semblent à chaque fois trop longues, ils sont donc revenus. Et çà fait du bien! Tous les mercredi, à partir de 16 heures pour 5 Heures DVD et 17 heures pour 5 Heures Cinéma.

 


 

Malibu Stacy : « Los Angeles »

 

J'avais eu l'occasion de voir les Malibu en concert il y a un an, ils n'avaient encore qu'un EP sous le bras et j'étais curieuse de voir ces Visétois à l'oeuvre et ce fut une bonne surprise, Derrière ses lunettes d'intello et son allure de gringalet, David de Froidmont est un vrai showman. Quelle énergie! Et il saute partout, s'accroche à son micro comme si sa vie en dépendait puis se met à courir. Et on le ressent dans ce morceau-ci dédiée à la Cité des Anges. Toute la fraîcheur et la gaieté du groupe est présente et c'est irrésistible. Wohohoooo...

 


 

Ann Pierlé et White Velvet: « Jupiter »

 

Encore un somptueux morceau de la part de la pianiste-chanteuse. La musique d'Ann, c'est comme le pull en cachemire dans lequel on aimerait se blottir les jours où le canal à envie de se pendre.

 

Scissor Sisters: « I Don't Feel Like Dancin »

Le chanteur a la voix d'un Bee-Gee, Elton John est au piano... Ça fleure bon l'âge d'or du glam rock... C'est drôle, frais... et tentant comme un gros morceau de tarte meringuée. Allez, laissez-vous faire et entrer dans le monde merveilleux des Sisters!

 


 

Richard Buckner:

 

Je l'ai découvert alors qu'une correspondante new-yorkaise (dont j'ai malheureusement perdu la trace) m'avait glissé deux de ses chansons (« Song of 27 »  et « Where Are You Tonight? », deux des plus belles chansons que je connaisse), Pas très connu (et je me demande bien pourquoi), son style un peu folk, un peu country qui évoque Nick Drake et sa voix languissante vous emmène à le suivre sur les routes ignorées de l'Amérique.

 


 

Melissabel vient de lire: « Le ciel au dessus de Bruxelles » une bande dessinée de Bernar(d) Yslaire

 

Depuis « Bidouille et Violette » (j'avais 7 ans lorsque je lus « Les premiers Mots » pour la premiere fois), j'ai toujours eu une grande tendresse pour Yslaire. Cette histoire du gros roux timide et de la jolie fille du fleuriste qui commence comme une bluette romantico-rebelle va vite montrer le penchant de son auteur pour l'onirisme ainsi que le couple classique des tragédies: l'Amour et la Mort. Thème que l'on retrouve aussi bien dans la série en rouge et noir des « Sambre » que dans le « XXeme ciel.com » (que je préfère encore plus pour le côté graphique plus audacieux). C'est le cas encore ici pour une aventure qui se fait rencontrer Jules Engel Stern, un Juif khazar et Fadya, une « Maroxelloise » dans un Bruxelles contemporain. Il cherche son frère, elle se rend à une manifestation contre la guerre en Irak mais est loin d'être pacifiste. Au lieu de la figure de l'ange, c'est le papillon, autre créature ailée qui est omniprésent. Rien à dire sur l'esthétique. Cette fois-ci, les couleurs sont éthérées comme un ciel azur parcouru de nuages... d'où peut-être ce goût de trop peu après la densité du « XXeme Ciel »? J'ai néanmoins lu l'album avec passion... parce qu'Yslaire ne laisse jamais son lecteur indifférent.

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Mercredi 23 août 2006

Je descendais du bus de mauvaise humeur. Après avoir cavalé au boulot, je me délectai déjà d'une mini-virée shopping. En effet, ce week-end, j'ai une invitée et plein d'activités prévues. C'était l'occasion idéale pour renouveler ma garde-robe! Hélas! Il semble que passée une certaine date, il soit impossible de trouver un simple cardigan blanc (que je comptais porter avec ma petite robe style sixties), J'arpentais les rayons de mon magasin préféré en gardant l'oeil ouvert au cas où je trouverais une alternative mais en vain! Même si il y avait de vêtements que j'aimerai porter, je ne trouvais rien de festif Bon, passons au magasin suivant. A nouveau, je fais chou blanc. Le suivant est un magasin de chaussures. Justement, j'avais aussi besoin d'une paire de chaussures plates pour aller avec la robe. Mission sans doute plus délicate à priori mais à peine entrée, je tombe sur des ballerines souples en blanc verni. Parfait! Je les essaie... et c'est une catastrophe! Ces petites choses s'accommoderaient bien de petons menus mais mes larges pieds, qui plus est maltraités par une journée passée sur mes sandales compensées, font tache. Je regarde l'heure. Les magasins ferment. On dirait que je vais rentrer bredouille. Je regarde l'assortisse ment du magasin mais... les chaussures à bouts pointus ont toujours la cote et squattent les places restantes dans le domaine du blanc. Résignée, je sors et m'achemine donc vers l'arrêt du bus. Même pour moi qui ne suis pas accro du shopping, rentrer les mains vides alors qu'on sait exactement ce qu'on veut est d'un frustrant! Je descend quelques arrêts plus loin pour attraper le tram. C'est là que je me rappelle des tournesols! Il y a quelques mois, un « commando » jardinier a décidé de planter des tournesols illégalement à travers Bruxelles et ils vont vers la fin de leurs floraisons! De l'autre cote de la rue, là ou il y a le plus de soleil, un magnifique spécimen de plus de deux mètres me salue, son énorme calice ployant comme pour mieux me regarder. Avais-je une intuition ce matin? Je n'avais pas oublie mon appareil photo! Je l'observe... et que vois-je??? Une abeille se régale dans le coeur de la fleur-soleil! Une abeille? Ici? En plein chaos urbain? Je dois l'avoir rêvée d'ailleurs car le temps de régler mon appareil et la voila partie! Je tourne autour de la plante, prends quelques cliches...



La tête fatiguée du tournesol me touche... fatiguée comme ce soleil de fin d'été qui daigne enfin nous régaler de sa présence. Et fatigué, il doit l'être! C'est comme si il avait brûlé toutes ses cartouches pendant ce mois de juillet éclatant avant de s'écrouler... et de réapparaître furtivement, laminé, encadré par une équipe de nuages qui estiment sans doute qu'il n'est pas encore prudent de se montrer. Il avait meilleure mine aujourd'hui mais j'ai bien l'impression qu'il faudra attendre l'été prochain pour le retrouver en pleine forme. C'est sa faute, il en a trop fait! Sur un balcon, un monsieur en t-shirt et casquette contemple la rue... mais voici que ma voiture est avancée. Je dis adieu bien vite à cet astre végétal et en grimpant les quelques marches du tram, je ris de ma légèreté! Les désagréments causés par la mode ne font pas le poids face aux pouvoirs des fleurs.


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