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Lundi 4 septembre 2006

En arrivant chez moi, et contrairement à mes prédictions, ma colocataire était bien à la maison, dans le divan, les pieds sur la table basse et pour cause : André Agassi jouait peut-être sa dernière partie. Il ne fallait pas la manquer! Flash back: j'ai 15-16 ans. Le Kid de Las Vegas (il est à peine plus âgé que moi) est un p'tit jeune au caractère aussi flamboyant que ses tenues. On n'a jamais vu çà ! Les cheveux au vent (cette fameuse coupe-mullet), le regard malicieux, une force de frappe alors inédite... On sent déjà qu'il peut aller loin, très loin?/ Dans ma chambre, j'ai un poster accroché au mur. Dans la cour de récré, j'ai adopté son look (oui, j'ai osé !) : cycliste noir à bande fluo surmonté d'un jean transformé en short à coup de ciseaux, un t-shirt vert, casquette de base-ball et des baskets de tennis.

 

Ouais.

 

Je sais.

 

Le mérite d'Agassi fut de m'intéresser à ce sport. J'avais même commencé à prendre des cours avant de me rendre compte que j'étais plus douée côté commentaire devant la télé que sur le court.

 

Il incarnait le fun et le renouveau dans le monde guindé de la petite balle jaune mais en même temps, on sentait bien que ce n'était pas de l'esbroufe. Il jouait bien, même très bien mais les résultats tardaient. Enfin, en 1992, tout de blanc vêtu (pas une seule trace de couleur ou de noir, pour faire un pied-de-nez au règlement du tournoi), je le revois soulever la coupe gagnée contre Goran Ivanisevic à Wimbledon, son premier tournois du Grand Chelem. Je me souviens de ses larmes de bonheur. Moi aussi, j'avais la larme à l'oeil. Je l'attendais également cette victoire ! Le public adorait ce gars qui était là pour se faire plaisir et qui visiblement, jouait parce qu'il aimait le sport, sans qu'il donne l'impression qu'ont certains de souffrir le martyre.  

 

21 ans après avoir débuté, après avoir gagné tous les tournois du Grand Chelem, c'est en joueur respecté qu'il quitte le tennis et nous, son public. On aurait voulu le garder un petit peu plus longtemps mais Benjamin Becker (et un mal de dos féroce) en ont décidé autrement. Sous les acclamations debout de Flushing Meadows, il a tiré sa révérence et en le regardant quitter le court, c'est comme une petite partie d'enthousiasme juvénile qui se barre avec lui. 

P.S. : Pour un regard croisé sur ce champion, allez jetter un coup d'oeil chez Fredogino.

Par Mélissa_bel - Publié dans : melissabel
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